10 février 2008
19 - Mais aidez-le !
Alors que Clémentine était en train de préparer un jus de carotte sur le réchaud, Isidore se mit à raconter à Kazigoine :
« - Les disparitions ont commencé il y a longtemps mais les gens ne se sont pas alarmés tout de suite. D’abord on a cru à des maris barrés, des suicides d’alcoolos (y’a que ça dans le coin), des choses de ce genre… A côté d’un lac, tout ça c’est très facile. Mais il y a quelques semaines on a commencé à retrouver des corps. C’était des pensionnaires du camp la plupart du temps, mais aussi souvent des gens du village à 5 kilomètres.
- Comment se présentaient les blessures ?
- Ils étaient tous piétinés. Avec de grosses traces de palmes. On aurait pu croire à vos godasses, Ah ! Ah !
- Mphfff…..
- Heu pardon oui c’est pas drôle. Donc oui les gens, la plupart du temps des gosses de chez nous, on les retrouve complètement piétinés et dégueulasses de vase. Certains gosses barrés en douce la nuit ont clairement vu le monstre, à quelques pas d’eux. Ils ont pissé dans leur froc.
- Vous m’emmenez au lac ? »
Kazigoine et son guide repassèrent devant la bande d’ados-larves (- Eh bonne chance, Godzilla ! – Warf Uarf Uarf Uarf Uarf ! » et se dirigèrent à quelques dizaines de mètres au sud-est, en direction du lac.
Le panorama était magnifique. Cette partie du camp était une échancrure naturelle au pied de la forêt sur la colline. La forêt était du vert le plus pur, ce qui faisait ressortir la transparence du lac. C’était un jour de grand soleil et on comprenait aisément d’où l’étendue d’eau tirait son nom : la surface était polie et étincelait de mille feux , un véritable lac de diamant. Quelques touffes de buissons grenat donnaient des reflets roses irisés au bord de l’eau. Un ponton de bois avançait de quelques mètres sur le lac. Une petite barque était attachée.
« - Normalement ici, on fait pas mal d’activités avec les gosses, mais avec le Monstre qui traîne dans le coin, Clémentine et moi on ose plus trop les emmener sur l’île. On faisait des parties de marelle turque, des choses comme ça…»
En effet, une île de quelques mètres carrés et couverte de hauts roseaux verts émeraude trônait au milieu du miroir liquide. La brise faisait doucement onduler les herbes folles.
Le reste de la journée s’écoula très rapidement. Kazigoine fit une énième fois le tour des pensionnaires du camp, tâchant de leur poser des questions avec des mots pas trop compliqués, espérant obtenir d’autres réponses que des grognements ou des plaintes d’amibes.
L’existence du monstre du lac était avérée, puisque plusieurs jeunes l’avaient vu de leurs yeux et leurs descriptions concordaient toutes, au mot près (exception faite d’un petit malin malade de reconnaissance qui avait inventé avoir vu une poule géante). Il s’agissait d’un grand animal aquatique, comme un crocodile mais sur deux pattes. Il avait deux puissantes pattes arrières et des pattes avant un peu plus fines. La particularité du monstre résidait en une tête apparemment hydrocéphale, grotesquement allongée vers le haut au-dessus de deux grands yeux jaunes, luisants. Un dernier détail avait frappé la quasi-totalité des adolescents : le monstre dégageait une odeur forte et douceâtre, comme une très forte odeur d’herbe aromatique mélangée à la vase. Et c’était tout ce qu’on pouvait tirer des témoins.
La situation n’était pas près de se démêler et le temps avançait. Kazigoine dut se rendre à la désagréable évidence : il allait falloir passer la nuit au camp.
Notre inspecteur aux écailles commença par prendre un repas en commun avec les pensionnaires, histoire d’espionner les conversations et les conflits locaux. Les filles étaient clairement en conflit avec les garçons du camp. Conflit somme toute assez curieux, puisque Kazigoine remarqua le point d’honneur que ces demoiselles mettaient à insulter leurs congénères masculins tout en les tripotant copieusement. Les garçons semblaient détester ça mais envenimaient les choses en leur balançant des boulettes de mie de pain trempées dans la soupe. Bizarreries de l’âge.
Isidore et Clémentine menaient toute la bande tant bien que mal. Leur jovialité ne semblait pas mise à mal par les insultes et les coups qui fusaient de part et d’autre de la grande table de bois. Les deux lapins initièrent une pathétique tentative de veillée avec histoires et chansons, mais ce grotesque interlude se termina par un œil au beurre noir et une touffe de cheveux roses et gras arrachée. Les animateurs décrétèrent que tout le monde devait rejoindre son couchage et Kazigoine suivit le mouvement vers un lit d’appoint qu’on lui mit dans le hall entre les deux dortoirs.
Le léz-canard attendit de longues minutes que tout bruit cesse. En tendant l’oreille du côté des filles il entendit des tas d’histoires d’amourettes de filles transies pour tel ou tel puceau stupide et crasseux ; quand il écoutait les garçons c’était tout de suite moins poétique mais tout aussi plein d’hormones.
Quand tout le monde fut enfin endormi (après le transit de quatorze ou quinze cigarettes clandestines, deux ou trois magazines bien gras), Kazigoine se releva prestement et sortit.
Il partit en direction du lac, bien décidé à le sillonner en barque. Kazigoine avançait d’un pas lent car il s’efforçait de ne pas faire craquer les branchages sous ses palmes. Il posait délicatement d’abord le talon, puis le bout des palmes, choisissant avec précaution chaque parcelle à fouler. Lorsqu’il arriva en vue du lac, Kazigoine entendit un clapotis. Il s’aplatit aussitôt dans les herbes.
A travers sa cachette, il aperçut, grâce au clair de lune, la barque qui glissait lentement sur la surface liquide. A son bord, un immense alligator. Ses pattes puissantes maniaient les rames, en cadence. Il semblait venir de l’île et rejoignait la rive. Il avait un crâne en pain de sucre. Au bout de quelques minutes, le monstre débarqua et Kazigoine remarqua avec stupeur qu’il tractait de gros sacs de toile. Tout doucement, l’inspecteur Zigoine s’approcha alors que la créature amarrait son embarcation. Très lentement, Kazigoine se pencha hors des herbes et parvint, sans faire de bruit, à entrouvrir un sac. Il s’aperçut alors que les sacs étaient bourrés de billets de banque, à l’effigie des Gérontes.
Kazigoine se mit à brailler : « - Au nom de la loi ! Je vous arrête pour agressions en tous genres et trafics louches! »
Les yeux fous, l’immense croco se précipita alors sur le fonctionnaire et lui envoya une dérouillée digne d’une bande de loubards sur un parking un dimanche soir. Kazigoine avala coups de pattes, coups de queue, uppercut… Il ne fut pas en reste et fracassa à moitié l’immense crâne de la bête, mais l’ennemi tint bon et ne fit que chanceler. La bagarre continua plusieurs minutes et s’acheva sur un marron bien mûr dans la tempe gauche de Kazigoine, qui s’écrasa au sol, complètement sonné.
« - Eh ben me v’là bien… Pensa le Kazigoine, à travers la brume. A quel enfant de bâtard j’envoie les flics demain matin ?… »
Mais qui qu’a cassé la tronche à l’inspecteur ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire à vous hérisser les écailles ?
Ami lecteur, aide Kazigoine à élucider ce mystère et dis lui à qui
péter la gueule demain à l’aube !
Dénonce le coupable dans les commentaires !
Commentaires
Enquête
Qui qu'a cassé la gueule au Kazigoine ?
Ecris ton commentaire pour lui souffler qui est le coupable et tu gagneras peut-être la gloire, l'argent et les femmes !
les femmes ça m'intéresse moyen mais je dirais...un croco à zyeux jaunes !! ...qui n'est autre que le directeur de la pension...
Oh my God !
Quoique...
Nan, en fait j'y ai bien réfléchi et ce ne peut être que le Colonel Moutarde dans la bibliothèque.
Ouais pourquoi pas un directeur verreux ou un colonel dijonais... mais peut-être est-ce plus simple ?
Il faut avoir des références culturelles pour trouver la réponse ??
C'est le chien baveux qui s'est transformé ?
Ou alors, le Kazigoine qui se bat contre son reflet dans l'eau ?
Zel=> Y'a jamais besoin de références culturelles pour Kazigoine et MoonSauccisse :)
Moi j'irai pété la gueule au Chambelan.
Comme ça, juste pour le plaisir.
Zel => en voilà une excellente idée ! Ca fait longtemps qu'on a pas pourri la tête au Chambellan :)
C'est Kazimir le coupable ? Le jumeau diabolique de Kazigoine ?
Salpuss : nan !
Allez la réponse bientôt; promis...
Je sais ! C'est cette saleté d'Edgar !!! Il a une tête de pain de sucre !!!
Zel => heu y'a de l'idée mais il était trop gros pour rentrer dans le costume et puis réfléchis il se noierait en essayant de ramer.
La réponse mardi je pense :)
J'ai tout trouvé et Alex a validé !
C'est pas Edgros (il est trop bête de toutes façons).
Youpi !
Bon ben Zel est officiellement promu Grand Maître du Monde Galactique et il gagne une nuit torride avec MoonSaucisse ainsi que son spectre personnel Madame Tinville !
Bravo Zel !
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