Kazigoine & MoonSo6

Les aventures de Kazigoine & MoonSo6 sur la planète Tranche

01 août 2008

27 - Mortal pichnik

pique_nique

A première vue, ça semblait être une bonne idée. Il lui avait dit : « MoonSaucisse, pour fêter ton Certif’, je t’invite à un pique-nique en tête à tête demain ». Mais maintenant qu’elle se trouvait là, assise au milieu de la clairière vert émeraude, le cul sur l’horrible nappe à carreaux et qu’elle le regardait, elle ne savait plus trop bien.

Lui, c’était le Chambellan Machin Poudingue, bien sûr. Machin, dont elle ne savait plus si elle l’aimait à la folie ou le détestait, tant leurs rapports étaient devenus compliqués. Une fois transi d’amour, la suivante le vit coincé dans une rombière, lui faisant livrer des jonchées de fleurs, pour lui reprocher froidement ses bévues de fonctionnaire deux heures plus tard, la serrant amoureusement tout en la traitant de boudin…

Elle non plus n’était pas tellement portée sur la fidélité sexuelle, ça non, mais les changements d’attitude et de discours permanents du Chambellan lui donnaient le vertige, et son cerveau simple ne parvenait plus à suivre.

MoonSaucisse aurait pu le planter là, renvoyer ses cadeaux et refuser ses invitations qui parfois se terminaient dans la douleur. Mais voilà, elle commençait à y être un peu beaucoup attachée, elle aimait ses manières bourgeoises, sa cape au vent, sa taille enlevée, tiens même avec un grain de riz sous le menton il était chou… Et il avait de jolis yeux, des bras ma foi pas mal, le ventre plat, un job en vue…

Machin lui resservit encore une fois une bonne rasade de rosé. Il avait manifestement des intentions de sexe en plein air. MoonSaucisse le voyait venir mais elle s’en foutait pas mal et elle était pas contre si c’était demandé poliment. Le soleil commençait à taper salement, la salade de riz manquait de mayonnaise à la menthe et la napakaro lui grattait les fesses. Faudrait voir à pas avoir d’éruption d’eczéma quand il lui soulèverait la jupe…

De quoi était-il en train de l’entretenir ? Au fond elle n’en avait aucune idée, elle avait perdu le fil de la conversation depuis de longues minutes. Il était vaguement question de son attachement à l’Empire et de son amour du service rendu. Et si l’Empire l’appelait sur une autre planète demain, il y  courrait sans problème, laissant tout derrière lui, d’ailleurs il ne tenait vraiment à rien sur la planète Tranche et était capable de tout quitter sans se retourner du jour ou lendemain. La seule chose qui lui manquerait, ce serait les seins de la boulangère et à la rigueur son chien.

MoonSaucisse sentait vaguement son sang bouillonner mais elle était habituée à toutes ces conneries et ignorait au fond jusqu’à quel point il était sincère et jusqu’à quel point elle-même s’en foutait. Et puis il parlait bien et souvent il lui offrait des fleurs.

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Il prit de longues minutes pour terminer sa tirade patriotique, puis attaqua enfin les manœuvres d’approche. C’était pas trop tôt, on pourrait avoir fini pour l’heure du goûter. La justicière, échauffée par excès de soleil et de mauvais rosé, sentait l’envie monter en elle au fil des baiser de Machin, qui ne se démerdait pas trop mal.

Couché sur la nappe, il l’attira à cheval sur lui en mettant un coup de pied dans la salade de riz qui atterrit sur une fourmilière (896 heureuses). MoonSaucisse l’embrassait et regardait son visage, à la fois rusé et enfantin, sans défense et pervers, plein d’amour et dédaigneux. Quand il la pénétra, elle fit reposer son poids sur ses deux bras, au sol.

Au bout de quelques minutes, MoonSaucisse le regarda de nouveau et sa main droite se mit à fouiller autour d’eux, sur la nappe. En rencontrant le pique que Machin avait amené pour découper les glaçons, la justicière sourit et sa main tenta de se refermer dessus. Le pique glissa de côté et la jeune femme trouva une fourchette en plastique à la place. Poussée à bout par cette belle girouette, ou peut-être par jeu, par fébrilité ou par passion dévorante, elle planta l’instrument dans la cuisse de Machin. Il se mit à hurler et saigner. Elle apprécia beaucoup la scène. Ce visage angélique montrait enfin une réaction adaptée à la situation. Il réagissait à son stimulus à elle. MoonSaucisse ne put pas s’arrêter en si bon chemin. Elle lacéra les cuisses du chambellan avec sa fourchette en plastoc et finit par casser son instrument dans une plaie. Toujours le chevauchant, à court d’idée, elle saisit un autre instrument.

Nul ne sait comment MoonSaucisse s’y prit, mais les médecins légistes sont depuis unanimes : lors d’un pique-nique sanglant, le Chambellan de la planète Tranche est mort décapité par une louche. L’oiseau à l’air.

Posté par Alexandra à 17:55 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Nyark !

896 heureuses (j'adore) !

Décidément cette Moon Saucisse n'est peut-être pas faite pour l'Amour...

Mais en réalité, c'est bien fait... Fallait être plus gentil avec Moon So6 !

Posté par Titête, 04 août 2008 à 15:16

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