12 octobre 2008
30 - Eminence

Le combat faisait rage depuis quelques heures déjà. Les deux énergumènes du centre du ring avaient envoyé au tapis bon nombre de détenus.
A quelques mètres de là, assis sur une chaise surélevée, un vieux rat chérif observait attentivement. Quand il vit qu'il ne restait plus qu'une poignée de combattants et qu'ils n'allaient pas faire long feu, Splinter se leva, écarta ses fidèles gardes du corps, et se dirigea vers ses quartiers.
Cela faisait quelques années maintenant que le vieil animal était parvenu à diriger la République. Bien entendu, il n'avait aucun statut officiel, ne se faisait jamais appeler "chef" ou "patron", mais tous le respectaient et lui obéissaient à la patte et à l'œil.
Splinter se repassa mentalement son ascension alors qu'il s'asseyait dans le fauteuil moelleux de sa bibliothèque. D'abord il avait fallu prouver qu'il savait se battre. Ce n'était pas les vils concours de torgnoles que les "citoyens" de la République connaissaient, non il avait montré ses talents en arts martiaux. Lui fin et chétif, fut pourtant capable d'envoyer au tapis les plus gras des meneurs. Il avait massacré les plus balèzes, puis s'était contenté de donner des conseils pour organiser la communauté, mettre en place des tours de garde pour accueillir les nouveaux, des tours de vaisselle, du tabassage organisé pour les plus revêches… Ce n'était pas sa force, mais son intelligence qui l'avait mené jusque là. Aujourd'hui encore, il portait son vieux kimono bordeaux pour ancrer le souvenir des combats des premiers jours.
Au fil des années, il avait su maîtriser cette colonie de timbrés, drogués, alcooliques et maniaco-dépressifs et l'organiser plus ou moins en société auto-gérée. Les nombreuses tentatives de coups d'Etat contre sa personne furent toutes vouées à l'échec, grâce à la fidélité des piliers du pénitencier.
Des meurtres et du fracas, il y en avait quantité, et chaque jour. Comment pouvait-il en aller autrement dans ce microcosme de malfrats et d'hystériques livrés à eux-mêmes ? Mais tout de même, le fort ne s'était pas écroulé et la majorité des détenus parvenait à rester en vie, à condition de respecter Splinter et ses règles d'airain.
Aujourd'hui Splinter était pensif. L'arrivée des deux nouveaux tordus ne lui inspirait rien de bon. Il les avait bien observés et s'était immédiatement inquiété face à la violence inouïe de la fille combinée à la ruse du saurien.
Les bruits lointains du combat avaient maintenant cessé. Les autres détenus avaient pris leur volée.
Commentaires
Splinter ?
Il s'est pris de la gelée radioactive sur la face quand il vivait dans les égouts ?
On ne peut rien te cacher... Mais il aime pas parler de son enfance...
La suite, bordel !
Non parce que bon, quoi.
Oui !
Je plussoie Aurélien :o|
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=159399&pid=10920961
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :